Les inscriptions et les tuiles légionnaires de Mirebeau

Robert Mowat étudiait les estampilles des tuiles légionnaires retrouvées à proximité de Mirebeau-sur-Bèze plus de 80 ans avant la découverte du site du camp romain par René Goguey.
Il énonce ses conclusions le 28 septembre 1883 dans une communication présentée à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

Dans cette communication, Robert Mowat commence par établir un lien entre une inscription découverte à proximité de Mirebeau-sur-Bèze qui mentionne deux vétérans de la VIIIe Légion Auguste et les tuiles portant l’estampille de la même légion, découvertes dans la même localité.

Son étude des tuiles de la VIIIe Légion Auguste le conduit à établir une typologie des estampilles correspondantes, qu’il répartit en neuf types, qui correspondent à autant de moules.

Il observe également que certaines estampilles correspondent à des vexillationes, c’est-à-dire des détachements de légions. Parmi celles-ci, certaines estampilles sont collectives ; on y trouve alors, ensemble, les mentions de plusieurs légions.

S’interrogeant quant aux raisons de la présence militaire romaine à Mirebeau-sur-Bèze, Robert Mowat l’attribue au conflit entre les Séquanes, fidèles à Rome, et les Lingons, guidés par Julius Sabinus qui s’était proclamé César avec l’ambition de fonder un empire gaulois.

Mirebeau-sur-Bèze constituait dès lors une “sentinelle vigilante” située à un emplacement stratégique, entre les peuples alliés et ennemis de Rome.

L’auteur déduit de l’étude des estampilles et des connaissance historiques quelles étaient les légions présentes à Mirebeau-sur-Bèze, selon quelle chronologie et suivant quel itinéraire.

Robert Mowat conclut sa communication en estimant que la composition de la garnison romaine établie à Mirebeau-sur-Bèze a évolué à des intervalles rapprochés, expliquant donc la diversité des estampilles trouvées. S’il est surpris par l’absence de briques estampillées, il en déduit que les tuiles servaient de couverture à des bâtiments en bois, comme cela pouvait être le cas à Néris-les-Bains. Enfin, la répartition géographique des tuiles, étendues sur un large territoire, indique selon lui l’existence d’une chaîne de postes militaires.

Ces conclusions sont toutefois bien antérieures à la découverte du site du camp de la VIIIe Légion Auguste par René Goguey et aux fouilles qui l’ont suivie. Elles sont donc à mettre en perspective au regard des connaissances apportées ensuite.
Vous pouvez retrouver certaines des publications ultérieures dans la base de données du Mirabellum.